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 sic itur ad astra.

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MessageSujet: sic itur ad astra.   Sam 1 Nov - 0:22


On dit parfois que le malheur est un coup de pouce au bonheur. C’est pas une connerie. J’ai compris que tout est éphémère, l’univers, la galaxie, la terre, vous, moi. Parce que nous sommes tous le temps, ou plutôt, parce que tout le temps est en nous. Rien ne dure nulle part, les choses changent, quittent une forme pour en prendre une autre, vous ne pouvez rien contre ça. C’est comme ce moment, je ne sais pas si vous voyez, où, observant des passants inconnus depuis un poste fixe, vous réalisez qu’ils ont une âme, comme vous, une vie, comme vous. Des espoirs, des déceptions, des peurs. L’autre, c’est moi. Le même corps, le même cerveau, avec un schéma différent, une histoire pas pareille. L’autre, c’est moi, avec d’autres rêves. D’autres regrets. Pourquoi penser que le malheur n’arrive toujours qu’aux autres ? Qu’ont-ils de plus que moi, au fond, au-delà de cette apparence qui me donne l’impression trompeuse d’une différence ? Rien. Ça tombe au hasard de la vie, selon vos habitudes, ça tombe où ça tombe, et parfois c’est l’un, parfois c’est l’autre. L’autre, je l’ai vu se noyer, faire semblant de se débattre, happé par l’ivresse des profondeurs. Je me souviens de sa bouche ouverte dans l’eau salée, de son rire étranglé, fou de joie à l’idée de la mort ridicule qui tente de l’effrayer. De l’eau, je n’en étais jamais sorti avant de la rencontrer. Jamais vraiment. Toujours rieur, quelque part dans le fond, toujours ce même goût d’océan glacé et noir s’enroulant dans mes veines, emprisonnant l’air et me faisant corail. Je me réveillais en sursaut, les jambes devenues coquillages, mes bras ? Des algues longues. Délire sans fin. Je ne vous l’avais jamais dit. Ma vie, c’était le malheur d’être en vie, tandis qu’à chaque instant le souvenir froid et infini de la mort pouvait arrêter le temps et s’emparer de moi. Rien n’était jamais sûr, je n’osais rien faire de crainte que tout s’arrête. Et j’ai croisé son regard. Jules. La première fois que je l’ai vue, je ne vais pas vous mentir, je me suis dit que je me la taperais bien. Jusqu’à ce que je la voie me regarder. Que j’entende son rire, le rire de Jules quand il m’est destiné, avec cette peur en lui qui le cristallise et le fait sonner faux, comme une plainte déchirante, cette peur que je m’éloigne et la laisse, me détourne d’elle, lui en préfère une autre. J’ai su qu’elle m’aimait quand elle m’a regardé au travers la glace qui nous séparait, au tout début du jeu. Quand elle a quitté la froideur dont elle s’était parée pour l’occasion pour venir me retrouver, même derrière une vitre qu’on ne pouvait traverser. Elle a écrit sur un petit carnet sans faire attention à ses mots, trop occupée à me regarder. Ses yeux disaient que c’était moi qu’elle choisissait. Moi qu’elle voulait pour son homme, celui de sa vie, parce que Jules a commencé à vivre en même temps que moi, à prendre ses décisions juste avant moi. C’est là et seulement là que je suis sorti de l’eau. Que tout autour de moi a commencé à se faire ressentir : la chaleur du soleil, le vent qui agace, chatouille, rafraichit, bref, tous ces trucs qui composent la vie et que les vivants ne remarquent plus. Jules m’aimait, moi, cette fille m’adorait et quand elle posait les yeux sur moi, je savais qu’elle me suivrait là où j’irai, peu importe où. Elle n’avait plus rien à perdre, c’était ce que ses lèvres avides de moi murmuraient à mon oreille. On avait tous les deux été jetés dans l’existence sans comprendre pourquoi. On avait perdu l’habitude d’exister pour de vrai. Aujourd’hui où je vous parle, je crois que je suis né.

J’ai dû accepter de me séparer de Jules un moment, le temps qu’elle se prépare entourée de femmes – dont ma mère, qui a fait sa connaissance. Ma mère… Elle m’a regardé, un long moment, d’un regard dans lequel je pouvais lire une joie et une fierté infinies, et vous savez ce qu’elle a dit ? « Je suis contente que tu aies compris que ça (elle a serré la main de Jules dans la sienne), on ne la trouve pas au fond de l’eau. » Elle avait raison. Au fond de l’eau, il n’y a que moi, moi et le silence. Et vivre avec soi et uniquement soi, c’est dur. Trop dur pour qui que ce soit. Un matin, Jules avait une lettre à la main, j’ai tout de suite reconnu le logo sur l’enveloppe : l’hôpital dans lequel travaille le médecin qui me suit depuis l’accident. Elle avait l’air de quelqu’un qui a attendu trop longtemps avec une surprise au bord des lèvres et qui est proche d’éclater. Elle m’a tendu le papier. Mon médecin, Haddad, m’annonçait qu’il avait obtenu mon autorisation de reprendre la plongée à petite dose. S’en suivait une tonne de recommandations de précautions que j’ai balancées par-dessus mon épaule avant de prendre Jules dans mes bras et de la soulever du sol. Elle a posé ses mains sur mes joues, et m’a demandé ce que j’attendais pour mettre ma combinaison. Je crois que c’est là que j’ai eu l’envie de lui demander. Mais j’ai préféré attendre le moment idéal, pas celui de mon envie, mais celui où rien d’autre ne pourrait être dit, sauf ça. Elle a plongé avec moi. Pas trop loin, non, juste assez pour qu’il n’existe plus au monde qu’elle et moi. Alors je lui ai demandé, sous l’eau, d’un regard qu’elle a entendu. « Est-ce que tu veux m’épouser ? »

C’est Keegan qui a les alliances. Deux fois qu’il tente de me faire le coup du « je les ai paumées mec, je les ai paumées je déconne plus ! » et que je me fais traiter de « pauvre nul » parce que je n’en ai rien à battre. Je ne suis pas très matérialiste, peu attaché aux choses physiques, comme les bijoux, les porte-bonheur et tous ces machins. Je n’ai pas encore vu Jules dans sa robe, j’erre en costume dans la villa en bord de plage que nous avons louée pour l’occasion. Trop de monde commence à arriver, j’ai un petit tortillon qui remue dans le ventre. Je reconnais mes amis d'enfance, des gens de ma famille dont je ne me souvenais même plus de l’existence (pourquoi ai-je autant de cousines ?...), des visages que je ne connais pas, tout droit arrivés d’Angleterre par avions, tous souriants et heureux d’être là. Il fait frais et bon, dans ce grand jardin aux vastes plans d’eau, à l’herbe verte, on entend la mer ronronner depuis les bancs sur lesquels les plus âgés se reposent. Des serveurs passent ça et là distribuer des verres de jus de fruits frais. Nous ne voulons pas de cérémonie religieuse, notre religion, c’est ça : les amis. Ces visages qui nous observeront bientôt avec des sourires sincères et débordant d’une joie qui nous est toute destinée. La voilà, ma religion, ma seule croyance. Notre DJ est un de mes amis, pour l’instant, il s’amuse tout seul avec de la musique d’ambiance, je sais qu’il se chauffera bientôt, après le discours et l’échange des alliances, c’est pas vraiment le genre de mec calme qui passe une soirée lounge, vous voyez ? Je viens d’apercevoir des visages connus : les candidats de Thrown Dice ! J’ai l’impression que mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Pour l’instant, je n’avais vu que mon Keegan. Regardez-les tous, souriants et habillés comme des princes et des princesses… J’ai toujours du mal à réaliser qu’ils ont tous fait le trajet pour… nous. Jules et moi. La saison avait été éprouvante pour nous deux, notre coup de foudre n’ayant pas convaincu l’ensemble de nos camarades, mais à les voir ici réunis, je me dis que nous avons mérité leurs sourires, leur présence, nous avons su les convaincre autant que nous-mêmes sommes convaincus. J’aimerais que Jules soit là aussi, derrière la rambarde de pierre, pour les voir faire leur entrée dans les jardins de la villa, regarder autour d’eux, certains hilares, d’autres timides. Ils comptent tous énormément pour moi, et je sais qu’il en va de même pour elle. Parce que nous, c’est aussi eux. Parce qu’ils étaient là quand nous nous sommes rencontrés et aimés. Thrown Dice, c’était un petit château, où tout se savait, tout se voyait. On s’est rencontré au milieu d’eux, aimés au milieu d’eux, sous leurs yeux, avec eux, en eux. Personne ne sait, ne peut comprendre si l’on n’a pas vécu cette émission, le lien qui nous unit. Je les vois se reconnaitre et se regrouper entre « Thrown Diciens », échanger des nouvelles, commenter ce qu’ils voient autour d’eux, et je réalise que je les aime. Je n’ai jamais autant aimé.


bienvenue au mariage de Jules et Ephraïm.
Amusez-vous.

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MessageSujet: Re: sic itur ad astra.   Sam 1 Nov - 19:18

A la question « qu'est-ce qu'il se passe dans la tête d'une femme à quelques minutes seulement d'épouser l'homme qu'elle aime ? » la réponse est... beaucoup trop de choses à gérer d'un coup. Je crois que je n'ai jamais été aussi nerveuse de ma vie. Non, j'en suis même certaine. Pas même quand on m'a dit qu'il fallait que je change d'identité pour garantir ma sécurité. Ou quand j'ai du quitter ma ville natale pour débarquer dans une nouvelle, loin de mes proches, dans la peau d'une femme que je n'étais pas. Mais c'est de la bonne nervosité, du moins j'imagine. Je ressens ce qu'un tas de personnes doivent ressentir à l'idée de se marier. En fait, ça fait deux jours que j'ai du mal à trouver le sommeil, et la nuit dernière a été la pire, parce qu'Ephraim n'a pas voulu déroger à certaines traditions totalement ridicules et m'a imposé que nous ne passions pas notre dernière nuit avant le mariage ensemble. Evidemment, il refuse également de me voir dans ma robe de mariée, mais ça, pour le coup, ça ne me dérange pas. Je crois qu'il n'y aura rien de plus exaltant que de voir sa tête quand il me verra marcher vers lui, et que même à plusieurs mètres de lui je saurai lire dans son regard tout l'amour qu'il me porte. Je n'ai jamais été sûre de beaucoup de choses dans ma vie, et certainement pas des lendemains, mais je suis en revanche certaine qu'Ephraim m'aime. Et vous savez, on aura beau dire que c'est trop rapide, trop tôt, qu'on ne se connait pas assez, quand on a ce genre de certitudes, l'intérêt de patienter pour faire bonne mesure et plaire aux autres apparaît légèrement... ridicule. Je ne vais pas mentir : quand j'ai commencé l'aventure Thrown Dice, je n'avais aucune idée d'à quel point celle-ci pouvait changer ma vie. Et je ne pensais définitivement pas qu'elle m'apporterait l'amour. Ou que je me marierais à peine quelques semaines après la fin du jeu. Et pourtant, c'est exactement ce que je m'apprête à faire, avec une boule dans le ventre due uniquement au stress et à l'excitation. A l'impatience, à la nervosité. Mais depuis que je me suis levée ce matin, je ne me suis pas demandée une seule fois si je ne faisais pas une erreur. Parce que je sais que je n'en fais pas. Aucun risque de me voir l'abandonner à l'autel, ma seule inquiétude est que quelque chose se passe mal pendant le mariage. Ca doit être mon côté perfectionniste. Ou control-freak. Ca a fait beaucoup rire Ephraim de me voir jauger la couleur de deux nappes. Ce qu'il m'a dit ? « Juliett, c'est un mariage, pas un gala de charité, tu sais... » Et je me suis calmée, parce que l'entendre m'appeler par ce prénom – en entier – que j'ai choisi il y a de ça six ans suffit systématiquement à m'apaiser. Ephraim n'est pas, contrairement à moi, un maniaque du détail. Je crois que si on avait pu être seulement tous les deux, sur la plage, ça lui aurait convenu. Il n'est pas difficile à satisfaire, une chance pour moi, et possède la patience infinie qui lui permet d'accepter mon anxiété. Il comprend. Que j'ai besoin que tout soit parfait, pas pour les autres, mais pour moi, pour garder en tête que ce moment sera le plus beau de toute ma vie, et que je ne veux rien qui vienne en gâcher le souvenir lorsque j'y repenserai. Alors oui, la question de la couleur des nappes, du choix des fleurs, de la musique, du décor, a suscité beaucoup de débats intérieurs. Ephraim a dit oui pour tout. Je crois qu'il était simplement content que je me décide une bonne fois pour toutes et n'avait pas le cœur de parlementer pour des détails qui n'ont pas d'importance pour lui. Et je crois également qu'il était déjà heureux de savoir qu'on se marierait chez lui, plutôt qu'en Angleterre. Il n'a pas eu besoin de grand-chose pour me convaincre d'accepter : j'avais déjà dit oui avant même qu'il n'évoque le sujet. Parce que, contrairement à lui, l'Angleterre et Southampton ne signifient rien pour moi. Je n'ai pas vraiment d'attache là-bas, et les souvenirs sont souvent trop douloureux pour que je veuille les rattacher à mon mariage. Sans compter – et c'est un point non négligeable – que le temps est plus clément ici. Et la vue, incroyablement belle. J'ai passé une heure ce matin assise sur un siège en osier, faisant face à la mer, à me perdre dans mes pensées, sereine. Ca, du moins, c'était avant qu'Ephraim me rejoigne et que nous profitions pendant quelques minutes du calme avant la tempête que sera le mariage. Et puis, sa mère est arrivée, lui a demandé de nous laisser parce qu'à présent, il fallait que je me prépare. Ma mère est ensuite venue me trouver, pour m'offrir les boucles d'oreille qu'elle portait à son propre mariage. Je ne pensais pas que nos deux mères s'entendraient si bien. Ma famille est arrivée il y a trois jours, pour nous aider à tout préparer et, surtout, pour rencontrer le nouveau venu et s'assurer qu'il était assez bien pour moi. Pas qu'ils ne me croyaient pas, mais comprenez, l'épouser alors que je ne l'avais rencontré que trois mois plus tôt avait de quoi inquiéter même le plus ouvert des parents. Mais ils ont été rapidement convaincus, autant que moi, de combien cet homme-ci était non seulement digne de moi, mais parfait pour moi. Ma mère m'a confié dans l'oreille, lors du dîner d'hier, que j'avais de la chance de l'avoir. Qu'il était peut-être le seul à pouvoir me supporter toute une vie. Ce qui lui a valu un regard noir, mais amusé, de ma part. Il me complète. M'apporte ce que j'ai cherché toutes ces années sans le trouver. La confiance. La sécurité. Le respect. La tendresse. La sincérité. L'amour. Mon père a échangé quelques mots avec Ephraim, « entre hommes » comme il m'a dit. Je ne saurai jamais précisément ce qui s'est dit, mais je crois que cinq minutes en présence de son gendre a suffit à le convaincre que sa fille était entre de bonnes mains, et qu'il pouvait la laisser l'épouser. J'ai gravé l'image de ce dîner dans mon esprit, pour être certaine de ne jamais l'oublier. Pendant cinq ans, je n'ai pas pu voir ma famille. C'est à peine si j'ai pu lui parler. Alors les retrouver enfin, ici, pour une telle occasion, me remplit d'une joie indescriptible. Mon frère a jeté son dévolu sur l'une des nombreuses cousines d'Ephraim, ce qui ne m'étonne pas plus que ça, mais pas avant de me serrer dans ses bras en me disant combien il était content pour moi que je sois aussi heureuse.

La cérémonie approche et, c'est officiel, j'ai atteint un seuil de nervosité que je ne pensais même pas posséder. Je viens d'enfiler ma robe – un combat pas possible pour ne pas la froisser, ni la tâcher – et je suis coiffée, et maquillée. J'ai préféré rester simple. Ephraim me préfère les cheveux détachés, alors je me suis contentée d'une couronne de fleurs blanches. Le maquillage est aussi sobre que moi : si dans Thrown Dice je profitais des primes pour ressembler à une princesse, aujourd'hui, je m'en moque. Je fais face à ma coiffeuse, observe mon reflet, satisfaite, avant de jeter un œil à ma demoiselle d'honneur. Je ne pensais déjà pas rencontrer l'amour dans le jeu, alors rencontrer l'amour et l'amitié ? Pensez donc. Reamy me regarde et sourit, de ce sourire entendu et apaisant que j'adorais déjà dans le jeu. « Je crois que je suis prête. » C'est sans compter sur l'arrivée d'Emilienne, dont je suis également restée proche après la fin du jeu, et qui me fait l'immense honneur de m'offrir un de ces bijoux qu'elle fabrique : un bracelet que je m'empresse d'attacher autour de mon poignet. « Non, maintenant je suis prête. » Prête à me jeter dans le bain, prête à rejoindre mes proches, les proches d'Ephraim, nos familles, nos amis et, fait relativement surprenant, une partie des candidats de Thrown Dice. Je crois que je m'y suis attachée plus que je ne l'aurais pensé. Les quitter, lors de mon élimination, a été un crève-coeur. Nous n'avons même pas réfléchi avant de leur envoyer les invitations. Des candidats, donc – Keegan sera même le témoin d'Ephraim et je suis inquiète à l'idée qu'il soit venu accompagné de Daphné... - mais aussi des membres de la production. Certains ont accepté avec grand plaisir, ce qui m'a surpris autant que cela m'a fait plaisir. « Tu crois que Caleb nous fera un discours pendant le repas ? » je demande à Reamy, amusée. Ce serait le clou du spectacle. Je crois – malheureusement – que Lucy sera de la partie, Ephraim lui a envoyé une invitation dans mon dos, pertinemment au courant du fait que j'étais contre. Mais lui l'aime bien, allez savoir pourquoi. J'espère simplement qu'elle se passera de tout commentaire désobligeant. Pour le reste... je ne sais pas encore qui sera présent et qui ne le sera pas. Obnubilée par les détails de mon mariage, j'ai laissé au futur époux le soin de gérer les invités, à l'exception de certains que j'ai tenu à inviter moi-même. La mère d'Ephraim entre dans la pièce et m'adresse un signe de tête. C'est l'heure. Je me tourne vers Reamy. « Merci d'être là. Et d'avoir accepté d'être ma demoiselle d'honneur. Ca compte énormément pour moi. » On ne sait jamais ce qu'on trouvera, quand on participe à une émission comme Thrown Dice. Une expérience hors du commun, sans doute, mais à ce point ? Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie, et sans ce jeu, ce jour ne serait probablement pas arrivé.

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MessageSujet: Re: sic itur ad astra.   Lun 3 Nov - 15:07

Ce n’est pas mon jour, ce n’est pas l’instant qui marquera un tournant dans ma propre vie mais putain ce que je suis stressé. Ephraïm est sur le point de franchir un pas immense, il n’est plus seulement le petit-ami d’une magnifique jeune femme, il s’apprête à devenir un homme en l’épousant. Quand je les observe je me dis que tout est réellement possible, ils ont su m’inspirer et me donner envie à moi aussi de me lancer. Alors non, je ne suis pas sur le point de me faire mettre la bague au doigt, c’est peut-être un peu tôt pour cela, mais ils m’ont aidé à me réveiller pour conquérir Daphné. Je suis à peu près certains que les téléspectateurs et quelques-uns de nos camarades ont parié sur la courte longévité de notre couple et pourtant, nous n’avons pas aperçu le moindre nuage depuis que nos cœurs se sont ouverts pour partager une chanson inédite, le plus chaleureux des duos. Deux mois, ce n’est pas énorme pour une relation amoureuse mais ça a commencé il y a bien plus de temps que cela, combien de précieux moments avons-nous sacrifiés par pudeur, par peur de nous engager tous les deux ? Un certain nombre mais la magie a finalement opéré et rien n’est plus beau que ce que je vis en ce moment. Nous ne pouvons peut-être pas nous voir quotidiennement, je suis reparti à l’armée et on m’a envoyé en mission quinze jours, deux longues semaines qui parurent plus longues encore que l’éternité pour moi. Je me suis rendu compte de tout ce que j’éprouvais pour Daphné et sa présence, son sourire, son amour sont devenus ma nouvelle source de carburant, inépuisable et d’une valeur inestimable. Je deviens un meilleur homme chaque jour grâce à elle, qui l’aurait cru ?

Je panique complètement, impatient et affolé à la fois parce que je veux que tout soit parfait pour le mariage de Jules et d’Ephraïm. Mon frère, comme je n’ai jamais cessé de l’appeler depuis Thrown Dice m’a confié la plus importante des missions, la plus symbolique qui soit en me demandant d’être son témoin. Un rôle qui m’a bien entendu très ému et que j’ai pris à cœur. Je me suis amusé avec les nerfs de mon ami à plusieurs reprises sans réellement être parvenu à marquer les esprits, le coup des bagues qui ont été paumées marche pourtant à tous les coups parait-il. Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit et j’ai probablement vérifié trente fois, si ce n’est cinquante, la présence des bagues dans mon sac. Daphné et moi avons pu nous retrouver hier en milieu d’après-midi et ce fut un moment réellement magique, une lune-de-miel offerte par Jules et Ephraïm qui ont opté pour le cadre qui inspire le plus le rêve. Nous en avons profité pour nous retrouver et mon bonheur est donc à présent complet. Non seulement je vais assister à l’union d’un couple en béton mais je vais en plus pouvoir assister à cet événement avec la femme qui fait diablement chavirer mon cœur, ce jour ne peut donc qu’être parfait. Plutôt bien mis en valeur dans mon smoking que j’ai mis du temps à acheter, jamais vraiment certain d’avoir fait le bon choix, je fais les cent pas, prêt à m’installer à la place du témoin lorsque la cérémonie débutera, Ephraïm est juste à côté de moi et je me sens obligé d’approcher pour le prendre dans mes bras et le serrer très fort contre moi. « Je suis fier de toi ! »

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MessageSujet: Re: sic itur ad astra.   Sam 13 Déc - 22:00

Code:
Meryl: Le voyage se passe bien?
Mike: ça va.
Meryl: Tu te sens à l'aise? Pas de gêne respiratoire? Qu'est-ce que tu as mangé? Tu as bien mâché?
Mike: Maman, s'il te plaît.
Meryl: ...

Dernier message posté il y a 5 secondes.

Meryl: Je m'inquiète c'est tout. Je n'aime pas te savoir loin de moi une nouvelle fois.
Mike: Tout se passe bien d'accord? Et ça va continuer. Puis ce n'est que pour quelques jours. Rien de plus.
Meryl: Ils... Ils savent pour ton "régime"? J'espère que tu leur en a parlé.
Mike: Je ne suis pas suicidaire. évidemment que je l'ai évoqué.
Mike: Du moins aux mariés...
Meryl: C'est le principal. Au moins tout sera bien préparé pour ton arrivé.
Mike: Oui, qu'elle chance pas vrai?
Meryl: Je ressens de l'ironie de ta part mon fils!
Mike: Je ne change pas.
Meryl: :).

Dernier message posté il y a 2 secondes.

Meryl: Je t'aime. Amuses-toi et revient-moi vite.

Dernier message posté il y a 3 minutes.

Mike: Je te le promets.

"Je crois qu'il est temps de fermer, nous allons bientôt atterrir." J'acquiesce timidement. Les commissures de mes lèvres se mouvent pour exprimer un mince sourire. Ne plus parler comme on le désire. C'est dur. J'ai beau faire passer des messages avec le regard, je suis même devenu plutôt doué avec cette forme de langage, il m'est tout de même difficile de ne pas essayer un minimum. Le mariage risque d'être un bon exercice pour cela. Paraître le plus normal du monde. Le moins malade. ça ne va pas être chose facile. Mais je me promets d'essayer et même de réussir cette lourde tâche que je m'impose. Pour le bon moral des troupes et des mariés. Car c'est grâce à eux, grâce à cette émission que j'ai réalisée et accepté le fait que je ne devais pas perdre espoir. Que ma mission après Thrown Dice n'était pas de disparaître. Bien au contraire. Je devais me montrer fort. Lutter contre la maladie et cela jusqu'à mon dernier souffle. "Je ..." "pourrais... prendre.... mes... " Je cherche le mot, du moins essaye de le prononcer. Mais mon cerveau commence à rouiller sérieusement. Je tourne alors la tête en direction de mon bagage espérant au plus profond de moi qu'elle comprenne. La femme présente auprès de moi esquisse un bref sourire. "Oui... mais je te conseille tout de même de prendre... dans un premier temps ton fauteuil." Mon regard change alors d'expression. Vexé, je la fixe longuement. "Quoi?" s'exclame-t-elle. "Je ne.... veux... pas .... paraître... faible!" "Tu ne l'es pas! Tu es malade! Là est toute la différence!" Malade. Condamné. J'ai encore et toujours du mal à l'encaisser, surtout lorsqu'on me le rappelle si brutalement. Pourtant je sais qu'elle a raison. Elle ne serait pas là si mon ataxie se stabilisait un minimum. Inviter son infirmière comme +1 pour un mariage, oui je viens littéralement de faire ça. Bien que pour moi... Emily est bien plus que cela. Je retrouve en elle une chieuse, forcenée, une amie. Véritable. Et c'est pour cet attachement que je lui porte que je ne peux me mettre en colère. "Pour ... une infirm... mière. Tu... crains!" dis-je en essayant d'emprunter un ton moqueur. Sa réaction ne se fait pas longtemps attendre et je reçois dans la minute qui suit un coup de poing dans l'épaule. Des regards se détournent. J'imagine leurs dires.Comment ose-t-elle frapper un handicapé? Et cette pensée me fait rire. Je repose ma tête contre l'appui-tête. Ferme les yeux. Attends impatiemment que l'avion débute sa descente.

La panique commence à me prendre. J'ai l'impression de retrouver cette drôle de sensation que j'avais pu ressentir lors de ma première compétition de patinage. C'est ridicule. Je n'ai rien à craindre, rien à perdre. Bien qu'ils m'ont toujours connus debout, dynamique et qu'ils vont me retrouver assis dans un fauteuil roulant... N'arrivant pas à aligner plus d'une phrase à la fois. ça ne va pas être avec ce genre de pensées que je vais réussir à calmer le jeu, pourtant je n'arrive pas à me l'enlever de la tête... l'inévitable. Emily sort de la salle de bain. C'est par mon regard que son visage, si paisible jusqu'à présent, rougit et me demande d'une voix timide. "Quoi? Ce n'est pas assez bien?" "Je... je ne .... " Le fait de ne pas être fluide me met hors de moi, surtout à ce moment précis. Par impulsivité je tape du poing. Elle avance alors de quelques pas, s'agenouille. "Je t'écoute. Vas-y." Je ferme les yeux. Rassemble mes idées. Commande sans espoir mon cerveau pour qu'il ne me lâche pas. "Je ne peux.... pas y aller. Je ne... suis pas.... assez... habillé." Dis-je avant d'ajouter: "R'garde toi! Tu es... magnifique!" Je croise alors son regard et aperçoit ses yeux briller. "Tu es superbe Mike! Ton costume te va à ravir, c'est plutôt toi qui va me faire de l'ombre." Elle me sert la main. "Ne te défile pas d'accord? Tu n'as pas à te cacher ok? Tu ne dois avoir honte de rien. Ce sont tes amis qui sont en bas? Et si j'entends une seule remarque je..." "Je leur... pète la... tronche!" Un rire cristallin sort de sa gorge. Il me rassure. Elle a raison. Je dois me reprendre. Je n'ai pas fait tant de kilomètres. Mis ma vie en danger pour jouer les poules mouillées. "On... y... va?" Elle acquiesce. Se relève et attrape son appareil photo qu'elle met autour de son cou grâce à la hanse. Prends sa pochette ouvre la porte de la chambre et me laisse passer, mon fauteuil et moi. Avant qu'elle referme la porte, je la vois disparaître dans la pièce pour mieux revenir quelques minutes plus tard... mes béquilles à la main. "Je te l'avais dit!" dit-elle avant de continuer la route dans le couloir. J'appuie alors sur le joystick permettant de faire rouler mes roues.Nous arrivons apparemment juste à temps. La cérémonie va bientôt commencer. Emily est déjà en train de faire un tour des lieux, pour voir où l'on pourrait s'asseoir. Pendant ce temps je guette les visages, espérant apercevoir au plus vite une tête connue. Je sens quelques regards en mon encontre. Me sent quelque peu mal-à-l'aise dans mon fauteuil. Il y a encore quelques mois je me serais posé dans un coin, debout, un verre dans la main. Mais maintenant tout est différent. Je ne me laisse tout du moins pas abattre et souris. Ne pas me plaindre. Je suis au mariage d'Eph' et Jules. Je vais certainement retrouver des personnes que j'apprécie et tout ira bien. Je vais bien. Je suis vivant. Je suis en vie.

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Mike.
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